Guilici allait tôt ou tard le bouffer. La veille, alors qu’ils finissaient le système d’invisibilité de leur prochain djïïn atomique, le maître l’avait tout d’un coup agrippé, avait commencé à enfoncer ses gros doigts dans ses petites paupières fermées. Enzo sentit ses globes oculaires s’aplatir mais très vite les gros doigts se mirent à trembler ; Guilici pleura puis arrêta de presser. Enzo eut à peine le temps de retrouver la vue que l’adulte se mit à lui hurler de s’en aller, à lui frôler le visage de ses grands et brusques gestes de mains.
7H33.
Enzo restait toujours allongé, regardait fixe, vide, son plafond ordivisuel encore éteint. Il réfléchissait. Il cherchait un moyen d’éviter cette nouvelle journée de cours particuliers… Il avait un atout, un espoir : Son père ne lui jouerait pas le même tour que la veille en monologuant sur sa nostalgie des châtiments corporels, en le sermonnant sur le respect à avoir envers son professeur, « surtout quand ce monsieur parmi les messieurs est monsieur Johnson », son père n’était pas là.
Non, Tarik Nieilemschka n’emmena pas son fils vers ce qui pourrirait toute la suite de sa vie. La raison était simple. Ce matin-là, Tarik Nieilemschka dormait dans un hôtel entre son amant et sa maîtresse. Ce matin du 12 avril 2985, seule la mère d’Enzo, Olga, se chargea de ne pas écouter son fils.
Mais Enzo, à cet instant, espérait encore, voulait tenter sa dernière chance, attendrir la fibre maternelle. Il referma les yeux.
A 7H36, le plafond, les quatre murs et le sol s’allumèrent simultanément. Enzo sentit sa mère le secouer tendrement d'une main...
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