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objets. Méconnaissables. Il pleut de petits cailloux jaunes.
Sa robe de travail n’est plus qu’une série de lambeaux rongés. Sans aucune pudeur. Lacryma veut la mettre nue.
Ses loques virevoltantes, battues par les vents, collent à sa peau abîmée, sépia, dorée, séchée, lacrymisée.
Ses blessures ne coulent plus, Lacryma lui assèche le sang. L’eau de son corps part dans ses larmes. Epaisses. Longues. Toujours suivies d’une autre. La jeune femme n’en peut plus de pleurer. Elle a froid.
Elle avance. Par réflexe.
Elle s’accoutume à ce corps qui la torture. Elle avance tout droit tel un spectre… ailleurs.
Thesy est peut-être mort ; peut-être pas.
Elle continue à serrer ce doute contre son sein. Elle l’aime mais ne fait plus attention… Elle ne veut plus savoir.
Elle marche et puis c’est tout.
Elle marche dans les gravats. Ses pieds s’enfoncent dans les débris, quelques fois dans de la poussière d’ossements. Elle emprunte de petits chemins, elle se faufile à travers des cadavres d’immeubles tombés, enchevêtrés. Eventrés. Elle évite des failles béantes. Elle entend les immeubles pleurer leur défunte géométrie. Ils crient. Ils crient sauvagement leur jaunisse. Ils hurlent leur douleur face à ce corps vaporeux en train de les ronger. Ils se débattent. Elle est comme eux. Elle voit ces fossiles de civilisation parfois s’effriter, s’écrouler dans une épaisse fumée… Près d’elle. Lorsque cela arrive, elle n’a plus peur. Elle marche et puis c'est tout. Dans la grabataire vallée, dans une forêt hantée par tous les spectres de son espèce.
MYTHOLOGIE LACRYMA
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