aujourd’hui, Namiss a compris où le grand carrosse va… Il devrait dire au revoir à sa chambre. L’école d’élite ne le libérera qu’après ce long et terrible hiver qu’est le cycle 1. Le garçon sait à quoi s’attendre, il sait lire le règlement intérieur de son carnet de correspondance.
CYCLE 1 : année où les fondements tuent les faibles
Namiss ne veut pas être faible. Namiss ne veut pas rater. Namiss ne veut pas laisser les fondements l’écraser. Namiss veut tenir, Namiss ne veut pas se faire expulser de l’école après seulement… quelques minutes ! Namiss ne veut plus jamais se faire expulser de l’école. Namiss ne veut plus la honte. Namiss ne veut plus décevoir son père. Et surtout, surtout, il y a trois mots que Namiss ne veut plus entendre, trois mots qui n’arrêtent pas de résonner dans toute sa tête, trois mots, petit, qui le harcèlent, oisillon, trois mots imprégnés par la dure voix de son père, mort, trois mots déjà vieux de quelques jours, trois mots suivis de rien, trois mots nés d’une phrase qui le rend malade, qui secoue sa bile : … ils ne succèdent pas à leur père les oisillons, ils ne s’envolent pas, juste ils tombent quand tombe leur nid. Et puis ils crèvent à côté des miettes qu’on leur a données mais qu’ils n’ont même plus la force de becqueter. D’une phrase qui reste, qui pourrit en lui : Namiss, je ne veux pas d’un petit oisillon mort. Pâle, la peau parcourue de chair de poule, Namiss imagine ce petit oiseau, enfin il essaie, c’est difficile ; ses ambres n’ont jamais vu le vrai Hiver, avec la neige et les arbres sans feuille, avec le froid, avec le petit oisillon mort… Ses yeux sont mi-clos.
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